J'ai suivi aujourd'hui les échanges de Diane sur son blog, La plume et l’épée et de Koz sur son blog, KoZtoujours...tu m'intéresses.
J'ai moi aussi envie de dire quelques mots dans la droite ligne des propos du Président de l'UMP, Nicolas Sarkozy.
Lors d'un déplacement à Châlons-en-Champagne (Marne), le Ministre de l'Intérieur a en effet déclaré samedi :
"Le premier problème économique, c'est qu'il faut maintenant, tout de suite, qu'il y ait davantage de différence entre la récompense que l'on donne à ceux qui travaillent et l'assistance que l'on donne à ceux qui ne travaillent pas",
"Je pense à la France qui se lève tôt, qui travaille dure et qui ne comprend pas pourquoi dans un certain nombre de cas il y a si peu de différence entre celui qui travaille et ses revenus et celui qui ne travaille pas et ses revenus", a-t-il ajouté. "Voilà une injustice qu'il convient de corriger."
"Il ne s'agit pas de pénaliser ceux qui ne travaillent pas, parce que c'est une souffrance, mais il s'agit simplement de récompenser davantage le travail", a précisé le Ministre.
"Le jour où la France qui travaille est découragée parce qu'elle a le sentiment de ne pas avoir la récompense de ses efforts, je me demande bien qui financera les allocations sociales dont ont besoin ceux qui sont exclus", a-t-il dit. "La France qui travaille doit être soutenue et encouragée."
Il semble évident qu’il est nécessaire que notre société évolue en reconnaissant davantage le mérite et l’effort ! Et Nicolas Sarkozy est naturellement dans le vrai dans ce qu’il dit. Qui n'a pas entendu un artisan lui dire qu'il aurait besoin d'embaucher pour l'aider dans son travail mais que, soit les charges sont trop lourdes, soit il ne trouve pas de main-d'oeuvre ? Qui n'a pas entendu un créateur d'entreprise expliquer la complexité de la mise en route de sa petite structure et le temps considérable qu'il devait consacrer à l'administration de celle-ci plutôt qu'à son activité première ? Il existe forcément des formes nouvelles d'aides sociales et/ou fiscales, des solutions d'appuis-conseils, des éléments facilitateurs en tout genre, ... que l'on peut imaginer pour leur apporter une "bouffée d'oxygène" efficace et durable. C'est sans aucun doute à ce prix, et naturellement avec l'espoir d'une reprise et d'un maintien de la croissance, que l'on pourra mettre en oeuvre les conditions d'une diminution forte et définitive des demandeurs d'emploi et/ou du traitement social du chômage. Alors, essayons les uns et les autres de nous retrousser les manches ; on le sait, les petites idées mises bout à bout font parfois des miracles... Vive le travail !
Si je crois important de reconnaître le mérite de ceux qui travaillent, en tenant compte aussi de leur implication, de la pénibilité de l'emploi et de leur propre souhait d'investissement dans celui-ci (une forme de "travail choisi"), je crois aussi qu'il est devenu indispensable d'accompagner plus amplement l’effort de ceux qui participent à un destin collectif en investissant et en développant des activités.
Je pense en particulier aux petits artisans, aux très petites ou petites entreprises, à toutes ces énergies créatrices…à tous ceux qui sont si souvent dénigrés par une gauche ringarde qui les amalgame avec ce que serait le “grand patronat”.
Toutes ces “forces vives”, comme dirait le Président Jacques Chirac, sont une richesse essentielle de notre pays, des acteurs indispensables de nos villes et de nos villages.
Et, en les encourageant davantage, on doit pouvoir créer les conditions de leur participation, encore plus en avant, à un essor économique forcément synonyme de créations de richesses et donc d’emplois !
La question est donc posée, que vaut le travail ? Nous pourrions penser que la rareté d'une compétence en fait le prix et pourtant malgré un manque de 30 000 maçons, les maçons ne sont pas payés à prix d'or.
Le Smic est censé protéger les salariés. Après les catastrophes engendrées par la gauche avec les 35 heures et les 6 SMIC en résultant, le gouvernement de monsieur Raffarin a augmenté le SMIC de façon régulière, pendant plusieurs années de plus de 5% par an. Pourtant ce SMIC apparaît comme une trappe à pauvreté. Des travailleurs non qualifiés, des titulaires de diplômes professionnels de type CAP et BEP et même des Bac Pro sont généralement payés au SMIC ou à une pourcentage du SMIC, ce qui est une horreur, pour les temps partiels.
De nouvelles générations sont ainsi condamnées à avoir des fins de mois difficiles et à devoir se priver de presque tout, alors que tout augmente.
Le travailler plus est socialement refusé et en pratique interdit pour celui qui dispose d'un temps plein alors que c'est la seule voie permettant d'améliorer l'ordinnaire.
Le financement des prestations sociales essentiellement sur les salaires, pénalisent les industries de main d'oeuvre. Un financement par l'impôt me semblerait plus adapté, libérant ainsi le travail des charges qui en diminue la valeur lorqu'elles ne dissuadent pas l'entrepreneur de tenter l'aventure.
Rédigé par: Jean-Marc Bondon | lundi 29 août 2005 à 09:31
Attention, je vais bouter légèrement, mais pas tant que ça. Pourquoi ne pas créer une "journée de l'entrepreneuriat" ? Bon, c'est vrai, à la longue, les "journées de...", c'est gonflant.
Mais une bonne journée pour dire merci à ces personnes qui souvent bossent comme des fous, qui souvent sont malades à l'idée de devoir licencier (ce que nos amis socialistes refuseront toujours de dire parce que ce serait masquer les comportements voyous), qui ont des idées, les font prospérer, créent donc des emplois (soit autant de personnes dont l'Etat n'a pas la charge ), serait-ce vraiment de trop ?
Le discours ambiant dévalorise ces gens. Ca devient insupportable.
Rédigé par: Koz | lundi 29 août 2005 à 10:55
Vous soulignez avec justesse l’importance des "forces vives" de ce pays, ceux qui sont loin d’être de grands patrons, mais qui jouent un rôle essentiel dans l’économie de notre pays.
Il faut encourager ces « forces vives », il faut aider ceux qui sont porteurs d’une « petite idée », mais qui devant la complexité des démarches à accomplir, baissent parfois les bras.
Je voudrai apporter ma petite pierre à l’édifice ce matin et parler d’une solution intéressante pour exercer ses compétences avec plus de sérénité : le portage salarial. On en parle, mais peu encore osent franchir le pas et se lancer dans l’aventure. Pourtant, le portage salarial est une réponse idéale pour les personnes qui combinent expérience et compétences dans leur domaine. L’évolution du marché du travail va passer en partie par l’externalisation des compétences, l’ère du salarié roi est derrière nous. Vendre notre savoir faire aux entreprises sans prendre de risque financier, voilà ce que propose le portage salarial, une bonne façon de démarrer de façon indépendante et de tester un marché en pleine mutation.
Certains me diront que cela ne concerne que les cadres et les secteurs du conseil… Faux. Tous les secteurs du service sont concernés et j’ai pu tester ça dans le domaine de l’assistanat de direction pour des professions libérales ou de très petites entreprises ayant des besoins très précis et ponctuels.
Autre piste à explorer pour ceux qui rêvent d’indépendance : le télétravail. En plus le télétravail peut se combiner parfaitement avec la forme juridique du portage salarial. Nos voisins de l’Europe du Nord ont quelques années d’avance sur le développement de cette nouvelle forme de travail et ils ne cessent d’en mesurer les avantages que ce soit pour les salariés en télétravail, les nomades ou les indépendants.
Les marchés sont émergeants, les besoins réels dans notre pays pour cette forme de service, mais là aussi les informations, les chiffres sont encore trop confidentiels.
Ces alternatives méritent qu’on s’y intéresse et je dois avouer que les meilleures informations que j’avais pu trouver sur le télétravail sont sur des sites canadiens. Nous sommes encore trop timides dans ce domaine, alors que je suis persuadée qu’il y a un vrai marché à développer avec à la clé une composante importante dans la baisse du chômage en encourageant ces initiatives qui renforceront l’économie de notre pays.
Rédigé par: Diane | lundi 29 août 2005 à 11:54
Il serait d'ailleurs bon que le législateur offre un peu de sécurité juridique à cette pratique. Pour le moment, en effet, ce n'est pas expressément interdit et donc, en ce sens, on peut penser que c'est autorisé. D'un autre côté, il y a un risque de requalification de ce genre d'activité pour placer les personnes qui y ont recours sous le régime commun des travailleurs indépendants.
Je ne pense pas que tous puissent se le permettre, loin de là. Et je ne pense pas que la France puisse se permettre de perdre les quelques emplois que cela représente...
Rédigé par: koz | lundi 29 août 2005 à 15:17
Tu parles du portage salarial ou du télétravail ? Parce que dans les deux cas, des avancées significatives ont été faites depuis quelques mois.
Pour le portage, les contrats de travail ont été revus et adaptés à la spécificité de l'activité et pour le télétravail, la définition des conditions de travail du salarié qui travaille chez lui ont été également révisées.
Ce n'est pas tant la législation qui fait défaut dans ces deux cas, c'est le marché qui est encore trop caché et les chefs d'entreprise sont encore trop mal informés des bénéfices qu'ils pourraient tirer de ces solutions.
Toutes les pistes sont bonnes à explorer, du moment qu'elles génèrent des emplois et une activité économique.
Rédigé par: Diane | lundi 29 août 2005 à 16:33
Merci à vous, Jean-Marc, Diane et Koz, d'avoir fait vivre le débat sur ce sujet essentiel.
J'ai bien noté les idées et propositions que vous développez. Je pense qu'il sera utile que nous formalisions cela plus précisément dans les temps qui viennent.
Le développement économique est un enjeu crucial de nos politiques publiques ; et pas seulement au niveau de l'Etat ! Je crois fondamental que les élus locaux soient très fortement impliqués à imaginer des solutions nouvelles, adaptées à leur territoire et leur bassin d'activités.
De même, notre Nation constituant quand même un tout (fort heureusement d'ailleurs...), nous devons pouvoir adapter nos formations (initiales ou professionnelles) au marché de l'emploi. Là encore, sans vouloir brimer qui que ce soit ou empêcher les jeunes d'accéder à telle ou telle filière, il convient, en amont, d'avoir un langage de vérité sur ce que seront les réelles débouchées à l'issue des dites formations.
Avec un peu de prospective et de projection de données statistiques, on doit quand même être en mesure de connaître nos besoins dans chaque secteur professionnel, avec la répartition par zone géographique !
Rédigé par: mb | mardi 30 août 2005 à 00:13
Diane, beware !!! Villepin s'y met aussi ( http://www.lefigaro.fr/eco-monde/20050830.FIG0153.html?153453 )...
Pour ce qui est du portage salarial, ce que je veux dire, c'est que e système n'est pas d'une absolue compatibilité avec le droit du travail. En tout cas, le doute est plus que permis. De fait, certains peuvent hésiter à s'engager dans cette voie. D'où, je pense, un besoin de sécurité juridique.
Rédigé par: koz | mardi 30 août 2005 à 16:19
Tout est clair dans le portage salarial, je peux te l'assurer, j'ai travaillé plusieurs mois sous cette forme. Deux syndicats ont vu le jour et travaillent à ce que la législation dans ce domaine soit transparente.
Pour Dom' j'ai lu ! Tu me laisses des messages sur tous les blogs !
Michael, je suis d'accord avec vous lorsque vous abordez le problème de l'orientation de nos enfants. Il serait vraiment important au moment où ils font le choix de leur avenir de vraiment connaître les besoins dans les différents secteurs d'activités et faire en sorte qu'ils ne s'engouffrent pas dans des filères peu porteuses d'emploi.
Rédigé par: Diane | mardi 30 août 2005 à 19:09