La coque Q790 et les autres...
Je n'ai pas parlé du dossier de l'ex-Clémenceau (coque Q790), il y a quelques jours.
Néanmoins, comme vous, j'ai pu lire dans la presse, sur des sites ou des blogs, beaucoup de choses à ce sujet. Beaucoup d'absurdités et de petites querelles stériles et "politicardes" mais, malgré tout, quelques raisonnements de bon sens !
Ainsi, j'ai découvert aujourd'hui le site de Daniel Martin, un monsieur que je ne connais pas (c'est tout le principe du net...), mais qui se livre régulièrement à des analyses politiques ; sa position est très intéressante quant au dossier de l'ex-Clémenceau.
J'ai pensé utile que vous puissiez également en lire un extrait :
"Le porte-avions Clémenceau, retiré du service en 1997, a été ignoré par le gouvernement Jospin, dont les écologistes exigeaient un désamiantage en France. Ce désamiantage coûtant trop cher, le gouvernement de gauche n'a rien fait, remettant à plus tard une décision pourtant indispensable. Il n'a pas profité du fait qu'en l'an 2000 l'économie française se portait extraordinairement bien et aurait permis de financer les millions de son coût.
Les gouvernements de droite du président Chirac ont ainsi hérité d'un problème. Au départ, ils l'ont si bien géré que le navire a été promené pendant des milliers de milles d'un bout à l'autre de la Méditerranée, à grand renfort de millions de coût de navigation et en provoquant pas mal d'hilarité. Puis une société française a enlevé une partie de l'amiante, là aussi à prix d'or. Enfin, le ministre Alliot-Marie a pris la seule décision logique, avec le soutien du gouvernement et du Chef de l'Etat : fournir la technologie aux Indiens, pour qu'ils finissent le désamiantage puis récupèrent les métaux.
Il aurait mieux valu faire la totalité du travail en Inde après transfert de technologie, et choisir cette solution - la seule valable et d'avenir - dès le départ, mais aucun gouvernement français ne l'a fait.
Hélas la solution indienne n'était pas du goût des écologistes (Greenpeace, etc.) qui, comme chacun sait, sont comme les pastèques : verts à l'extérieur et rouges dedans. Leur véritable motivation a toujours été de saboter le fonctionnement de notre économie libérale. Dès qu'une solution a des avantages économiques, ils s'y opposent en l'accusant de désastre écologique.
Ce fut le cas pour l'électricité nucléaire française, dont le seul désastre écologique depuis son démarrage dans les années 1970 a été d'économiser des millions de tonnes de CO2 atmosphérique et des milliards en devises.
Ce fut ensuite le cas pour le Canal du Rhône au Rhin, bloqué par les écologistes au mépris des millions de tonnes de fret qui transitent du coup par voie terrestre, en polluant mille fois plus et en coûtant plus cher.
C'est encore le cas pour les OGM, dont la superstition des écologistes français freine le développement, malgré l'avis de l'Union européenne, le fait que 400 millions d'Américains du Nord en cultivent et en consomment depuis 20 ans sans l'ombre d'un problème, et le fait qu'ils économisent le coût et la pollution de milliers de tonnes de pesticides
Etc., etc.
Les écologistes - qui laissent désamianter chaque année sans protester des dizaines de bateaux privés - ont saisi l'occasion du Clémenceau pour faire du mal à la France. Ils ont donc fait campagne pour que le Clémenceau reste en France, avec l'aide complaisante des médias, ravis de montrer leurs provocations, à qui ils ont consacré dix fois plus de temps de télévision qu'à une présentation honnête et impartiale du problème et de son unique solution.
Nos écologistes ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour priver des Indiens pauvres de milliers d'emplois pendant des décennies, pour empêcher la récupération de millions de tonnes d'acier (tant pis si la fabrication à partir de minerais coûte plus cher et génère énormément de CO2 et de déchets). Au passage, ils obligent la France à gaspiller des millions en désamiantage, la privent d'une solution économique et pérenne, et font subir une défaite au gouvernement de droite, ultralibéral selon eux."
Au-delà de cette analyse, je recommande vivement à tous ceux que le sujet intéresse, et en particulier, aux moralisateurs qui ne manquent pas de parler en pareille occasion, de lire en détails le dossier du Ministère de la Défense.
Download dossier_exclmenceau.pdf
La question du devenir des bâtiments maritimes, civils ou militaires, arrivés en bout de course, est suffisamment importante pour que des solutions sérieuses soient imaginées et mises en oeuvre, faisant abstraction de petits calculs de bas niveau !
Pour en savoir plus :
~ Conférence de presse de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense (15/02/06)
~ Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense au Journal de 20H de France 2 (15/02/06)
Merci Mickaël,pour cet article , au contenu si riche d'informations ...Extrêment interessant et ...complet!
Rédigé par: Anne Marie Engler | lundi 20 février 2006 at 09:07
COmme visiblement vous n'avez pas eu le temps de lire cette lettre adressée à l'un des votre, je me permets de vous la recopier.
Cordialement.
PS : j'aimerai que vous m'expliquiez ce que sont vos valeurs dans l'action politique ?
COURAGE ? INTEGRITE ? pour l'instant c'est plutôt "tous aux abris".
ASNIERES – PUTEAUX : Zones de non droit ?
Dominique,
Votre ministre de l'intérieur, M. SARKOZY parle souvent du problème des banlieues et des zones de « non droit », il parle de les nettoyer au « Karcher » pour en déloger la « Racaille ». De quelle banlieue parle t’il ? Des banlieues défavorisées du 93 ou des banlieues cossues de son département le 92 ?
Votre ministre des libertés publiques, M. SARKOZY parle souvent de rupture avec le passé. De quelle rupture s’agit t’il ? De la rupture avec des pratiques douteuse, d’une manière de faire de la politique au mépris des lois ?
De simples citoyens dont on ne peut mettre en cause la probité posent des questions et sont harcelés par M. AESCHLIMANN à Asnières ou Mme CECCALDI à Puteaux. Ce qui est grave dans ces affaires c’est que la classe politique et médiatique dans son ensemble se tait !
Peut être ont t’il peur ? Peut être même en sont t’il arrivé à trouver cela normal, comme une banalisation de la malhonnêteté ...
Dominique, j'ai comme l'impression que Nicolas SARKOZY est un peu débordé ces derniers temps, si vous pouvez lui glisser un p'tit mot à ce sujet lors du prochain conseil des ministres, faites vite ça commence à sentir le brulé. Merci par avance.
PS : Comme d'habitude, on poste tout cela sur les blogs des voisins : Dominique de Villepin, Véronique Delvolvé, Alain Lambert, André SANTINI, Daniel Schneidermann, Thomas Blard, Benito, Jérome Charré, L'Union des Républicains Radicaux, Denis Vinquier, Sébastien Huyghe, Laurent Dejoie.. sans oublier Michel Moine, ou Nadine Jeanne qui doivent aussi avoir un avis sur la question de la probité ...
Et si personne ne bouge, la prochaine étape sera certainement un mailing groupé : sur l'assemblée nationale
Rédigé par: ~laurent | lundi 20 février 2006 at 10:13
Le sujet de la valeur de l'engagement en politique me semblant intéressant je me permets de préparer une lettre ouvert à un jeune RESPONSABLE politique au sujet de l'intégrité, du courage ... enfin tu comprendra.
Je me permets de te citer. A bientôt :)
Rédigé par: ~laurent | lundi 20 février 2006 at 12:56
Lettre à un(e) jeune RESPONSABLE Politique
VdCourage, intégrité, engagement, ces valeurs sont importantes pour toi, ce sont probablement les raisons pour lesquelles tu t’es engagé(e) en politique, mais quelque chose ne va plus depuis quelques temps, tu doutes de plus en plus de tes choix.
On t’apostrophe dans la rue, sur les marchés, tu entends de plus en plus souvent un « TOUS LES MËMES, TOUS POURIS » qui te fait mal, tu vois des gens qui souffrent que l’on abandonne. Tu penses parfois à tous les 21 Avril que tu ne veux plus vivre.
Il y des députés intègres, la majorité, mais il y a les autres, les cyniques, ceux qui pensent que l’on peut tout dire, tout faire en toute imputé. Je suis choqué que toi, celui (celle) qui rêvait de combats tu laisses sur le terrain des hommes et des femmes qui n’ont pas fait tes choix et qui parfois tombent.
Si j’ai un conseil à te donner dépêche toi car le monde change. A ne rien dire, à ne rien faire, tu trahis tes rêves, tu apprends à ne plus aimer le métier que tu as choisi. Tu finira toi aussi bientôt à trouver tout cela normal et à ne plus réagir quand tu entendras sur les marché « TOUS POURIS ».
Quand tu penses le soir à tes enfants tu te demandes dans quel pays ils vivront, j’espère simplement qu’un jour il ne te demanderont pas ce que toi aussi tu faisais pendant la guerre …
A très bientôt …
Copie : Véronique, Jérome, Michaël et tous les autres
Rédigé par: ~laurent | lundi 20 février 2006 at 13:34
> Laurent
Merci pour tes commentaires / messages. Je les ai rapidement parcourus.
Si tu le permets, je lirais le tout plus en détails ce soir. Et je tâcherais de t'y répondre.
Naturellement, les autres lecteurs sont les bienvenus pour réagir eux-aussi.
Rédigé par: Michaël Bullara | lundi 20 février 2006 at 14:25
Merci Michaël :) juste l'impression que dans pas longtemps on demandera des comptes à la classe politique. Juste l'impression que tu perds l'occasion peut être :
d'êtres sincère et d'être fidèle a tes idéaux.
"PARTAGER L'ACTION POLITIQUE" il ne faudrait pas que ce soit que d'la com. ++
Rédigé par: ~laurent | lundi 20 février 2006 at 15:10
> Laurent.
Si tu fais toutes les questions et réponses à ma place, il n'y aura effectivement aucun intérêt à "partager" l'action politique.
Pour cela, il faut être plusieurs... et au minimum deux !
Puisque tu m'as laissé des messages et des commentaires, merci donc à toi de ne pas porter de jugements de principe (ou de valeurs), de me permettre d'en prendre attentivement connaissance et, dans l'absolu, de t'y répondre. Bien sincèrement.
Rédigé par: Michaël Bullara | lundi 20 février 2006 at 15:44
Pouvoir et politique
C'est tragique
Le monde oblique
On ne se soucie plus
De nous, de vous
On s'arrange pour nous
Mettre en joue
Toujours devoir se taire
Motion de censure
49-3, laisse faire
On prend la mesure
Pouvoir et politique
C'est tragique
Le monde oblique.
MioModus.
Rédigé par: MioModus | lundi 20 février 2006 at 17:28
Michaël, votre billet éclaire nettement les choses et donne la possibilité, à ceux qui le souhaitent vraiment, de se faire une juste opinion du dossier. Une fois de plus, on constate une volonté de désinformation des uns et de récupération des autres. Tout cela est navrant ! Je souhaite bon courage à Mme Alliot-Marie que je trouve tout à fait à la hauteur.
Sinon, j'avoue que je ne comprends pas trop le rapport des commentaires de Laurent avec votre note... cela tombe un peu, si vous me le permettez, comme "un cheveu dans la soupe" ! Qui plus est, pour fréquenter très régulièrement votre blog, je comprends très bien votre sens du "partager l'action politique". Continuez Michaël !!
Rédigé par: Edouard Chevalier | lundi 20 février 2006 at 17:29
Totalement Ok avec le commentaire d'Edouard.
Finalement dans cette affaire, ceux qui critiquent, qu'ont ils proposé de nouveaux depuis ?? quelles solutions ? La critique est aisée mais quand cela ne construit rien, quel intérêt ?
Oui, il faut continuer !!
Rédigé par: Eve | mardi 21 février 2006 at 07:04
Greenpeace et les pastèques... bravo, voilà un jugement qui va certainement hausser le débat. Les méchants écolos qui cassent toute l'économie francaise et même mondiale, qui sont la cause de tous les maux de notre société et qui empêchent même les pauvres indiens de travailler... Moi je crois plutôt que les écolos sont des aliens que la CIA a infiltré depuis l'atterissage en zone 51 pour saboter l'europe au profit des US. David Vincent président en 2007 !
Rédigé par: Hervé | samedi 25 février 2006 at 11:36
Je ne sais pas si Greenpeace est "pastèque" ou pas. Tout ce que je trouve, c'est qu'ils ont une forte tendance à semer la "zizanie" là où il n'y a pas lieu !!
En l'occurence, c'est toujours eux que nous entendons et jamais les autres associations. A ce que j'ai lu, certaines structures soutenaient et encourageaient le projet du Ministre de la Défense ; on ne leur a pas donné la parole. Pourquoi ?
Rédigé par: Eve | dimanche 26 février 2006 at 19:13
Eve,
Greenpeace dans cette histoire ne fait que demander l'application de la convetion de Bâle portant sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et de leur élimination, convention signée par la France. Le conseil d'Etat a confirmé cela le 15/02.
Je ne pense pas que l'on puisse qualifier de "semeur de zizanie là où il n'y a pas lieu" une association qui demande a un Etat de respecter l'application des lois internationales.
Rédigé par: Hervé | dimanche 26 février 2006 at 23:32
Il y a un article intéressant à ce sujet dans le Nouvel Obs' cette semaine : critique sur le début mais pour conclure comment ? Pour conclure que cette victoire de Greenpeace sera peut-être une vraie défaite pour l'écologie à l'avenir. Et pourtant, on ne peut guère soupçonner le Nouvel Obs' de MAMisme !
Au fait, Michaël, vous nous cachez l'existence du "blog non officiel de MAM" ? hum ?
Rédigé par: koz | dimanche 26 février 2006 at 23:37
Rectification : il est dans les liens... Toutefois...
Rédigé par: koz | dimanche 26 février 2006 at 23:38
Ce qui est suprenant dans cette histoire c'est que le cout de désamiantage du Clémenceau en France et dans le respect de toutes les normes en vigueur est estimé a environ 10 millions d'euros. Je ne connait pas le cout de construction ni la totalité du cout d'exploitation du Clémenceau mais à titre de comparasion le Charles de Gaulle a couté à l'Etat 3 milliards d'euros ! (je vous parle même pas du cout d'exploitation...)
On parle partout de développement durable, et bien voilà de quoi en faire une belle illustration, inclure les frais du démantelement dans l'engagement financier du programme de construction et d'exploitation. Alors que la France s'apprête peut-être a se doter d'un nouveau porte-avion estimé a 1,5 milliard d'euros on ne trouve pas 10 millions d'euros pour démanteler correctement le Clémenceau ?
Rédigé par: Hervé | lundi 27 février 2006 at 18:43
En matière de communication sur le sujet (le désamiantage du Clémenceau, je me fie plutôt aux tentatives de reportages (cf Arrêt Sur Images de dimanche dernier) et ai tendance à douter de tout ce qu'on veut me cacher.
Si le chantier est si sûr, pourquoi ne pas y faire pénétrer des journalistes, des militants de Greenpeace afin de les mettre face à leurs contradictions. Dans ce type d'affaire, la meilleure réponse est la transparence. C'est tellement évident que lorsque cette transparence n'est pas au rendez-vous, tous les doutes sont permis.
On nous a affirmé beaucoup de choses par le passé au sujet des nuages arrêtés par les frontières, des marées noires improbables, de l'effet de serre inexistant et d'un hypothétique réchauffement climatique. Un peu échaudé, j'ai tendance à mettre en doute des choses que l'on m'affirme, mais qu'on est incapable de me prouver.
Les communications du ministère de la Défense sont à prouver, comme les allégations de Greenpeace. En passant, qualifier cette organisation de pastèque, vert à l'extérieur et rouge à l'intérieur relève de l'humour des années 60, 70 que mon grand âge ne m'a pas épargné.
Il est de bon ton de critiquer Greenpeace ou d'autres organisations d'écologistes, mais je pense sincèrement que sans eux, on n'aurait encore qu'une trés vague idée des dangers qui guettent notre planète.
J'ai bien l'impression que face aux lobbies de tout genre en matière industrielle et financière, le lobby des écologistes a encore pas mal de chemin à faire.
Dernière remarque : le fait que la gauche n'ait pas trouvé de solution, n'implique pas que la droite doive se débarrasser du problème au prix de la santé de travailleurs même si ceux-ci sont à des milliers de km et n'ont pas notre nationalité. Dans certaines matières, les gouvernants , qu'ils soient de droite ou de gauche, font preuve d'un cynisme qui ne favorise pas l'image de notre pays.
Rédigé par: Claudius | mardi 28 février 2006 at 08:51
Heureux de vous revoir ici Claudius et merci de votre commentaire.
Vous parlez de Greenpeace. Soit. Mais je rejoins Eve dans un commentaire un peu plus haut ; pourquoi ne donne-t-on pas la parole à d'autres associations écologistes (comme "Robins des Bois") qui elles ont une autre vue de ce dossier ?
D'autre part, comme tout chantier de ce type (construction ou démantèlement de navires militaires), je ne suis pas surpris que l'accès y soit très limité voire interdit !
De même, dire que "la droite se débarasse du problème au prix de la santé des travailleurs" est un raccourci léger et lourd de sens... qui plus est, en l'espèce, c'est tout à fait inexact.
A mon sens, le problème de la fin de vie des navires, militaires comme civiles, mérite un vrai débat et l'exploration de solutions qui doivent dépasser le débat politicien et le lobbying traditionnel.
Rédigé par: Michaël Bullara | mardi 28 février 2006 at 09:41
Effectivement cela mérite un vrai débat, malheureusement certains de vos amis ne sont pas du même avis que vous. Dernier exemple en date, un petit filtrage d'un commentaire que j'ai laissé sur un blog "voisin" du votre. Message qui faisait mention du fait que la convention de Bâle ne permettait pas à la France de transférer le Clémenceau en Inde. (et donc conforme a une décision du conseil d'Etat excusez-moi du peu...)
Je sais vous allez me dire que vous n'êtes pas responsable de la gestion des blogs des autres ce que je vous concède entièrement. Reste que l'idée de débattre si elle est séduisante, trouve ses limltes dans la volonté de nos élus d'accepter la critique et de ne pas réagir de façon partisanne et finalement totalement aveugle.
Rédigé par: Hervé | mardi 28 février 2006 at 17:57
Hervé, depuis que vous venez régulièrement sur mon blog, vous constaterez que je ne vous ai jamais censuré !
Je me refuse à tout sectarisme. Vous êtes libre de ne pas partager mes idées. Et nous sommes libres, dans des discussions courtoises, construites et argumentées, de défendre des points de vue opposés.
Laissez donc ceux que vous appelez "mes amis" de côté... il n'est nul question d'étiquette politique quand il s'agit d'exercer du "filtrage" comme vous dite... et surtout, n'hésitez pas à proposer !
Dans l'affaire des "bâteaux ivres de leur fin de course", pour le moment, comme vous, je réfléchis à ce que pourrait être la solution. Quelles sont svp vos réflexions et vos propositions en la matière ?
Rédigé par: Michaël Bullara | mardi 28 février 2006 at 19:21
Mais c'est pour cela que je trouve injuste certains agissements parce que justement je propose. Alors merci à vous d'accepter que l'on puisse s'exprimer sans sectarisme.
Pour revenir a notre problème. Il est d'abord important de replacer les choses dans leur contexte. L'épisode du Clémenceau met à jour un problème plus vaste, celui du démantelement des navires en fin de vie.
Pour ce qui est du Clémenceau :
Vous citez une analyse dans votre article. Je ne partage pas du tout le point de vue de l'auteur (au passage les arguments sont inexistants dans cette pseudo-analyse, il n'y a qu'un rappel des faits suivi d'une longue tirade contre les écologistes) mais j'y trouve une chose intéressante. L'auteur parle de transfert de technologie pour un démantelement en Inde. Le transfert n'est justifié dans l'article que dans un cadre économique : la recherche d'une réduction du poids financièr de l'opération. Je propose au contraire que cette technologie soit mise en oeuvre en France, dans le respect de toutes les normes de sécurité, avec à la clé des emplois créés. Le cout du désamiantage est selon les expertises aux environs de 10 millions d'euros. Je propose que le budget du ministère de la défense soit reventilé en intégrant ce cout.
D'un point de vue plus génral, il serait judicieux de saisir les instances internationales afin d'obliger les armateurs a prévoir le désamantiage de leurs flottes en fin de vie. Certes, c'est un surcout pour eux, mais il est infime en comparaison de l'amortissement constaté sur ce genre de bateaux.
Certains vont me dire, "oui mais nous on va le faire en France mais ailleurs rien ne sera fait (comme par exemple le navire coulé par les Etats-Unis) et du coup, tout va être plus cher en France et on ne pourra plus être compétitifs sur la scène internationale"
Cet argument ne tient pas pour deux raisons.
D'abord parce que la France n'est pas un pays isolé. La communauté Européenne et plus largement la communauté internationale sont a même de prendre cette décision et de la faire respecter.
Petit illustrtation : suite au naufrage de l'exxon valdez en Alaska, les Etats-Unis ont imposé a tous les amarteurs voulant livrer du pétrole aux US de s'équiper de bateau à double coque... et ainsi fut fait. Le surcout imposé aux sociétés est dérisoire comparé aux bénéfices engendrés sur le marché américain.
Il est tout a fait possible de faire la même chose en ce qui concerne l'amiante.
De plus, même si la France est le seul pays au monde a mettre en place ce genre de dispositif, il est des principes sur lesquels on ne peut transiger. On ne peut pas invoquer la rentabilité économique sans assumer les erreurs du passé. Une entreprise qui commercialise un produit défectueux devra agir soit pour le rendre opérant soit pour l'échanger. Tout cela a un cout pour l'entreprise, mais elle le fait !
Il en va de même pour le démantelement du Clémenceau. Ce bateau fut construit a une époque on l'on ignorait les dangers de l'amiante. Ce n'est pas une raison pour s'exonérer de toutes responsabilités et de privilégier une hypothétique rentabilité économique au détriment de la réalité des risques sanitaires d'une telle opération.
L'objectif poursuivi ne doit pas être de réaliser une "bonne opération financière", mais de réalsier une opération conforme écologiquement et juridiquement aux textes en vigueurs. Cela vaut pour le Clémenceau et pour les autres navires en fin de vie.
Rédigé par: Hervé | mardi 28 février 2006 at 21:05
Hervé, concernant l'aspect argumenté du débat, je vous renvoie aux liens que j'ai fait figurer en fin de mon billet initial.
Sinon, vous dites : "La communauté Européenne et plus largement la communauté internationale sont a même de prendre cette décision et de la faire respecter."
Je vous rejoins totalement sur l'obligation d'avoir une réponse au minimum au niveau européen.
Et d'ailleurs, je pense que c'est dans cet esprit que le Ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a saisi l'ensemble de ses collègues européens, pour qu'une solution globale puisse être trouvée et mise en oeuvre concernant les navires militaires en fin de vie.
Rédigé par: Michaël Bullara | mercredi 01 mars 2006 at 08:02
quoi dire de plus qu'hervé... il argumente, il argumente... mais bon, on le retoque sur une ou deux lignes ecrites sur les 40 au total... par contre un argument comme quoi greenpeace sont des " pastèques : verts à l'extérieur et rouges dedans ", ca on prend sans discuter.
Après avoir lu les commentaires plus haut, c'est etonnant que la question ecologique soit necessairement attribuée aux sombre groupuscules gauchistes... C'est navrant.
Ca l'est d'autant plus que Mr Bullara critiquait, au debut de son post les "absurdités et de petites querelles stériles et "politicardes"" Or voila on retombe exactement la dedans en critiquant par exemple le fait d'accorder autant d'importance a Greenpeace (nécessairement rattachée a la cause gauchiste...)...
C'est vrai pourquoi ecouter la plus grosse association, qui plus est internationale, dans ce domaine qui se donne pour but de faire appliquer les lois... Autant essayer d'entendre d'autre sons de cloches auprès d'autres association regionales... voire communales... Enfin ne regardons pas l'évidence... Ou attendons que la majorité absolue des francais soit dans la rue pour les écouter. Je ne sais pas si c'est une bonne tactique.
Bref pour élever le débat, vous avez découvert Mr Bullara quelques raisonnements de bon sens dont ceux de Mr Daniel Martin, dont vous jugez sa position très intéressante quant au dossier de l'ex-Clémenceau. Et patatra, par quoi cette (pseudo) analyse commence ? par un tir a feux nourris sur la Gauche :
"Le porte-avions Clémenceau, retiré du service en 1997, a été ignoré par le gouvernement Jospin, dont les écologistes exigeaient un désamiantage en France. Ce désamiantage coûtant trop cher, le gouvernement de gauche n'a rien fait, remettant à plus tard une décision pourtant indispensable. Il n'a pas profité du fait qu'en l'an 2000 l'économie française se portait extraordinairement bien et aurait permis de financer les millions de son coût."
Si c'est pas des querelles politiciennes ??
Bon c'est bien, vous avez joint le dossier du Ministère de la Défense pour éviter aux moralisateurs (comme moi j'imagine) de parler de choses dont on ne connait pas. Pour le CPE, j'ai lu le communiquer de Mr de Villepin sur le site premier-ministre. Je me dis autant chercher l'info a la source. Eh bien, a part un bel exercice de style où l'on joue sur les mots ("période de consolidation" a la place de "période d'essai") je n'ai rien appris de plus; si ce n'est l'impression définitive que nos ministres de vivent pas la meme réalité que moi (ou l'inverse)...
Bref. Je ne connais pas le fond du dossier, comme surement les 3/4 des français, et je regarde comme pas mal de francais, de temps a autre les infos. Qu'est-ce que je vois ?
1/ que le porte avion a fait je ne sais combien de ronds dans l'eau (facturés aux contribuables) parce que la France n'a pas daigné demander les autorisation nécessaire, ou montrer patte blanche pour pouvoir passer dans le canal de Suez
2 / idem pour accoster en Inde
3 / que le porte avion revient finalement en France, mais pas par le meme chemin... On contourne tout le continent africain au lieu de revenir par le Canal de Suez.. Est-ce que le cheque a l'aller pour "acheter" (je ne vois pas d'autres mots) ce droit de passage a l'Égypte etait tros gros pour le refaire au retour ?
4 / qu'on ne sait toujours pas ce qu'on va faire de ce navire (la question de l'élimination des déchets ou de leur recyclage est quand meme la préoccupation de la grande majorité des designers qui se veulent éthiques (et ce depuis des décennies déjà) en intégrant cette donne dés le processus de création et de conception, de choix des matériaux...
5 / qu'on ne sait toujours pas combien il y a de tonnes d'amiante dans ce porte-avion (plusieurs chiffres circulent dont ceux des experts qui ont commencé le désamiantage en France et qui sont malheureusement plus proches de ceux annoncé par ces pastèques de Greenpeace)
6 / que c'est le President Chirac, certe chef des armées, qui se saisit du dossier pour demander le retour en France du navire
Voilà... La moindre des choses serait de faire preuve de plus de transparence (enfin moins d'opacité), et au lieu de taper comme d'habitude sur la Mitterrandie et le Jospinisme, eh ben Mme Michèle Alliot-Marie aurait mieux fait de reconnaitre que ce dossier est difficile a gérer, et que peut etre il y a eu quelques erreurs dans sa gestion du dossier. Eh ben non.
Pas d'excuses. Tout est normal. On a geré la choses du mieux qu'il a été possible, etc, etc... En gros vous français qui me regardez devant votre petit écran, vous êtes des imbéciles qui ne comprennez rien aux affaires, ni à la vie. Et ne vous laissez pas manipuler par les pastèques d'écolos-gauchistes. N'écoutez pas trop les médias, sauf quand ce sont mes amis du gouvernement qui parlent. C'est effarant.
Rédigé par: undavid | samedi 11 mars 2006 at 11:08
> David.
Je n'ai pas l'envie de polémiquer avec vous sur le contenu de votre commentaire.
Pour vous dire vrai, je me moque totalement de la couleur politique des uns et des autres.
J'ai trouvé effectivement que l'analyse de M. Martin avait cela d'intéressant, au moment où je l'ai mise en ligne, qu'elle donnait un ton différent du "bien pensant" que nous pouvions lire partout à ce moment là.
Trouver une analyse intéressante et chercher à la faire partager, ne signifie pas pour autant que l'on y adhère partiellement ou totalement.
De la même façon, lorsque je parle du blog de Ségolène Royal que je trouve particulièrement bien fait et ouvert au débat, cela ne signifie pas pour autant que je sois devenu l'un de ses plus fidèles soutiens...
Il faut savoir mesure garder à toute chose !
Ce qui m'intéresse, c'est le débat, l'échange et l'émergence de propositions qui peuvent déboucher sur de vraies solutions.
En l'occurence, concernant les navires civiles ou militaires en bout de course, personne, pour le moment, ne m'a interpellé par de véritables idées sur le sujet.
Pour vous David, pour Hervé et pour tous ceux que le sujet intéresse réellement, je vous invite à lire d'autres avis éclairés :
- l'analyse de l'association écologiste "les robins des bois" : http://www.robindesbois.org/communiques/mer/fortune/2006/clemenceau070206
- le point de vue de François Vallat, président de l'Institut Français de la Mer (IFM) : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-743159@51-647065,0.html
Nb : David, je n'oublie que je vous ai promis une réponse plus détaillée à votre commentaire de jeudi...
Rédigé par: Michaël Bullara | samedi 11 mars 2006 at 11:54